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isomorphisme

par Géraldine Rulot

samedi 5 mars 2016 par Rulot Géraldine

LA QUESTION DU CONTEXTE ET DE L’ISOMORPHISME DANS L’APPROCHE SYSTEMIQUE

I. Introduction

Le contexte est le propos de ce travail théorique. Si chacun de nous a souhaité s’intéresser à ce thème, c’est qu’il nous est arrivé dans notre pratique professionnelle d’être interpellés par le fonctionnement de l’institution ou de l’association pour laquelle nous travaillons mais plus encore par la porte choisie par le client, l’usager, le consultant pour formuler une demande ou ne pas en formuler.

Parler du contexte, c’est parler de la relation entre l’intervenant et le client. Cependant, c’est aussi s’intéresser au client en relation avec son milieu, avec un système - envoyeur parfois (la justice, un service social, comme le formule M. Meynkens-Fourez1). Un aspect que l’on semble laisser en arrière plan concernant le contexte regarde davantage les relations de l’intervenant avec l’institution, avec une équipe, avec un système - envoyeur.

C’est ce large sujet que nous avons choisi d’aborder et nous avons entamé nos recherches autour de la question de la définition du contexte, objet de notre premier point. Nous abordons en second temps le concept d’ « isomorphisme », inévitablement lié au contexte. En effet, nous pouvons envisager ce concept tant à partir du client et des jeux relationnels dans lesquels il se trouve que du point de vue de l’intervenant avec sa propre histoire personnelle et travaillant dans un contexte professionnel particulier, une institution ayant son fonctionnement spécifique...

Nos recherches théoriques nous ont amenés à nous interroger sur nos propres milieux professionnels et sur les possibles isomorphismes pouvant y être repérés. Après une illustration de N. Lernout, nous avons donc tenté d’utiliser ce concept pour nous interroger sur nos contextes de travail.

Enfin, nos questions et nos réflexions sur ce sujet nous ont conduits à considérer les limites de notre intervention et l’importance de travailler en réseau avec ces systèmes - familles qui s’adressent à nous par différents biais.

II. Le contexte

Du point de vue systémique, nous ne pouvons pas ignorer qu’en tant qu’intervenants, nous participons à ce qui se joue avec les systèmes qui font appel à nous qu’ils soient couples, familles, institutions... Les membres de ces systèmes vont nous interpeller d’une certaine manière, sur base d’un symptôme particulier, d’une description subjective de leur situation. « L’intervenant, loin d’être neutre, rien que par sa présence, influence le comportements des participants, et qui plus est, sélectionnera inconsciemment le ‘matériel’ observé, en fonction de ce qu’il est » (M. Meynckens-Fourez , 1993, p. 3).

Le client (la personne ou les personnes que nous recevons) nous formule une ‘demande’ à partir d’une certaine définition de la situation ou est amené à nous interpeller par un système-envoyeur qui définit lui-même le problème. Plutôt que de parler de problème ou de situation problématique, nous pourrions utiliser le terme symptôme. Ceci nous amène à nous intéresser à la question de la demande, qui formule la demande, pour qui et à qui ?

Nous pouvons donc postuler qu’il n’est pas anodin qu’une personne contacte une institution particulière ou un intervenant particulier mais également que cette personne qui nous contacte est probablement celle qui porte l’allégation (la demande) mais pas nécessaire le problème ni la souffrance liée à ce problème . Il est donc important de s’interroger sur comment la demande nous arrive, comment elle s’est décidée, comment les personnes qui sont concernées se sont mises d’accord ou non sur la demande et ce, afin d’avoir une idée de la manière dont les relations s’organisent au sein de la famille ou plus globalement du système.

L’intervenant, pour sa part, peut travailler seul ou pour une institution. Il est important qu’il s’interroge sur sa fonction et son mandat, sur sa propre relation avec l’institution, sur la relation qu’il entretient avec le système-envoyeur afin de définir clairement la relation qui va s’établir avec le client.

Définition théorique et différents points de vue systémiques
Cette partie sera inclue ultérieurement

III. Définition du concept d’isomorphisme en thérapie familiale.

Dans cette troisième partie, nous allons tenter de définir le concept d’« isomorphisme ». Par la suite, nous illustrerons cette définition à l’aide de différents exemples : un exemple théorique et cinq exemples liés à nos contextes de travail respectifs.

« Le terme d’isomorphisme désigne d’abord un concept mathématique selon lequel, lorsque deux structures peuvent être superposées de manière isomorphique, à chaque élément d’une structure correspond un élément de l’autre structure, en ce sens que chacun des éléments joue le même rôle dans leurs structures respectives. » (1)

En thérapie familiale, l’isomorphisme est une « correspondance des relations à l’intérieur des différents systèmes. Quand plusieurs systèmes se rencontrent dans un contexte particulier (par exemple celui de la violence, de l’adolescence, de l’alcoolisme...), des comportements, des règles, des mythes, des formes de communication commencent à se ressembler. »

Selon Nicole LERNOUT (6), le terme d’isomorphisme renvoie à la construction d’une constellation relationnelle autour d’un individu et, cette dernière reste relativement invariable même quand on change cette personne de milieu.

Cela signifie que lorsque des systèmes relationnels entrent en contact, ils tendent à développer des modalités de fonctionnement similaires, de façon à pouvoir dire qu’à un moment donné de leur rencontre ils arrivent à une condition d’ « isomorphisme » qui tend à l’ « entente secrète ». Ce phénomène d’isomorphisme est donc susceptible d’apparaître lors de toute collaboration entre une institution et un système consultant.

On a en effet souvent constaté que lorsqu’une équipe ou un thérapeute se fait mobiliser par une demande, il/elle a tendance à se mobiliser sur le même modèle de fonctionnement que le modèle du système qui consulte. Le fonctionnement du système familial se retrouvant alors, comme en miroir, dans celui des intervenants ou des équipes institutionnelles. Il est possible que le système intervenant ou le/la thérapeute soit contaminé par les représentations des membres du système consultant s’étaient faites l’un de l’autre.

En effet, J. Beaujean (4,5) nous révèle que lorsque l’équipe se fait mobiliser par la demande, elle a tendance à se mobiliser sur le même modèle de dysfonctionnement. Elle reproduit le même fonctionnement que le système consultant. Plus précisément, on assiste à une reproduction des règles et des comportements propres au système mais dans un contexte différent.

E. Dessoy nous propose la définition suivante de l’isomorphisme : « C’est la manière dont l’institution répète une partie essentielle de l’organisation familiale, - celle précisément qui maintient le patient dans son état malade. » Suite à la lecture de l’article de N. Lernout, nous pourrions dire qu’il existe une reproduction de la structure familiale (6).

Les manifestations isomorphiques peuvent être lues dans un premier temps comme facilitant une indispensable affiliation, amenant à la création d’un système thérapeutique. Ne pas y être attentif ensuite, revient à produire un « plus de la même chose », rendant toute évolution difficile. Il s’agit donc de relever comment les interactions du système demandeur (ou du système offrant) influencent le système offrant (ou le système demandeur) de manière isomorphique (sur le même modèle),(J. Beaujean). En d’autres termes, il souligne ce besoin que nous avons de laisser « une empreinte de nous » chez l’autre. Nous (thérapeute et patient) avons besoin de nous apprivoiser afin de savoir si une affiliation et une reconnaissance de l’un par l’autre est possible. Cette notion d’affiliation renvoie notamment aux concepts d’accommodation, de tracking et de mimétisme (4,5).

Afin d’étendre nos possibilités d’intervention, H. Schröd nous incite à ne pas considérer ce phénomène de fonctionnement en miroir comme une preuve de non professionnalisme mais comme une étape nécessaire à la compréhension et au changement de la problématique. « C’est en recherchant les isomorphismes que nous pouvons obtenir des informations précieuses sur le fonctionnement de la famille, sur notre propre fonctionnement et celui de l’institution ». (3) Il nous est possible d’identifier ces isomorphismes en questionnant notre ressenti : pourquoi ai-je dit cela ? pourquoi ai-je fait cela ?... Tout ce questionnement est susceptible de nous permettre ( à nous intervenants) de nous situer dans le contexte et donc de nous voir fonctionner comme le système. N. Lernout (6) promeut le « sculting » comme outil de travail dans la détection des isomorphismes.

Cette tentative de définition a pour objectif de lancer la discussion sur la détection et l’utilisation des isomorphismes dans nos différents contextes de travail.

IV. Exemples d’isomorphisme dans nos différents contextes de travail.

IV.1 Praxis
À venir

IV.2 Petit bourgogne
À venir

IV.3 Médiation Namur

A. Le contexte de travail.
Médiation Namur est un service de médiation scolaire promu par le Se.D.E.S.S. ( Service Diocésain de l’Enseignement Secondaire et Supérieur) de Namur depuis novembre 1997. Notre service est subventionné par toutes les écoles secondaires libres de la province de Namur (cotisation en heures NTPP).
L’équipe est composée d’une médiatrice, d’une licenciée en psychopédagogie, et de deux licenciés en psychologie (2 mi-temps et 2 temps pleins). Le service est coordonné par la médiatrice. Elle a pour tâches : l’organisation des réunions, la répartition des interventions, la préparation du rapport annuel... Elle a un rôle centralisateur et d’interface entre l’équipe et nos directeurs.
Nos supérieurs hiérarchiques, le directeur diocésain et le conseiller pédagogique principal, supervisent et tracent les lignes directrices de notre travail (évaluation de la satisfaction des commanditaires, évaluation du rendement de l’équipe, ambiance de travail, définition de nos missions...).
Chaque trimestre, nous avons un Comité d’Accompagnement. Il est composé de directeurs d’écoles, de responsables de centres PMS, du Président du Conseil de Zone et de nos deux directeurs. Les thèmes abordés lors de ces comités sont les suivants : les attentes des établissements scolaires, les difficultés rencontrées lors des interventions, la spécificité de notre service, les relations que nous développons avec d’autres organismes, les orientations futures de notre travail,...).
L’étape initiale de notre démarche est la rencontre du commanditaire : la direction de l’établissement scolaire qui nous a contacté par téléphone. Cette entrevue nous permet de recueillir tous les éléments nécessaires à la réalisation d’une analyse de la demande pertinente.
Au départ des symptômes de décrochage scolaire émanant de l’individu ou du groupe, nous pouvons négocier un travail de médiation ou un relais vers d’autres services. La demande d’intervention doit pouvoir être resituée dans son contexte d’appartenance. Ceci permet de dresser un constat le plus complet possible de la problématique et des ressources déjà mobilisées.
Les symptômes de décrochage scolaire pour lesquels nos services sont sollicités sont hétérogènes : démotivation, violence, apathie, absentéisme, exclusion, difficultés familiales,...

  • Si les symptômes de décrochage scolaire émanent d’un individu alors, les parties rencontrées peuvent être : l’élève, les parents, les professeurs, le PMS, le directeur, les éducateurs.
  • Lorsque les symptômes émargent à un groupe classe, nous veillons à rencontrer les différentes parties concernées c’est à dire, les professeurs, la classe, le PMS, la direction. L’objectif de cette entrevue est triple : la récolte des points de vue, la présentation de notre travail et le vote d’adhésion.

B. La situation d’isomorphisme.
Cette description exhaustive de notre service est réalisée à dessein. Nous partirons du postulat suivant : « Médiation Namur, à l’aide d’un outil qui est la médiation, lutte contre le décrochage scolaire et tente de restaurer une communication satisfaisante entre les parties ». Notre mission première est de participer à la modification de la culture scolaire. Le service existe depuis huit ans. Différentes phases ont été traversées (tentative d’élaboration d’un cadre de travail concret, départs et arrivées de différents membres au sein de l’équipe,...).

1. La situation.
Les quatres membres de l’équipe interviennent en écoles. Les différentes interventions sont réparties en fonction des intérêts personnels (médiation familiale, animation de groupes, médiation de classe...) et en fonction des contacts que nous développons avec les écoles (chacun d’entre nous établit des relations privilégiées avec une ou plusieurs écoles). Depuis huit ans, nous avons eu l’opportunité d’observer le mode de fonctionnement du système scolaire (qui se restreint ici à l’établissement scolaire). Nous pourrions le décrire de la manière suivante : « Un établissement scolaire est un système très hiérarchisé : le conseil d’administration, la direction générale de l’établissement, le préfet de discipline, l’équipe éducative et le corps professoral ». Les relations entre ces partenaires scolaires possèdent plusieurs caractéristiques spécifiques. Je me permettrai d’en relever deux :

  • les relations de soumission : les professeurs (veuillez excuser la généralisation) sont extrêmement dociles à l’égard des exigences formulées par leur direction. On pourrait qualifier ce mode relationnel d’ « infantile ». En d’autres termes : « Lorsque papa crie, les enfants obéissent ».
  • l’individualisme de certains professeurs : ils protègent et gardent jalousement les contenus de leurs cours, ne s’impliquent guère dans la vie associative de l’école, se « protègent » des autres collègues...

2. L’isomorphisme.
Depuis la création de notre service, les modalités d’interventions et les relations d’équipes se sont développées. Par le passé, nous intervenions très souvent à deux en école. Les réunions d’équipe était plus fréquentes... Aujourd’hui, malgré une entente cordiale entre les membres du service, nous constatons que : la fréquence de nos réunions a sensiblement baissé, l’intervision est absente et nos interventions individualisées. Lors de l’évaluation de juin, chaque membre de l’équipe défend son travail (nombre d’intervention, réussites,...) auprès de la direction... Nous sommes en situation d’isomorphisme. Notre système (service) reproduit le mode de fonctionnement du système consultant. Cette reproduction ne participe en rien à la modification de la culture scolaire mais bien au contraire la renforce. Malheureusement, nous en sommes là...et devons encore évoluer...

IV.4 Service de consultation

Contexte de travail : Au sein du Service de consultation où je travaille, il y a plusieurs activités : la consultation et le centre de jour. Il existe des collaborations entres ces services : par exemple, des personnes peuvent être suivies conjointement à la consultation et au centre de jour s’il y a indication.

Situation : Monsieur, 40 ans, est en incapacité de travail depuis quelques années, pour dépression consécutive à une rupture. Il demande à être pris en charge au centre de jour où nous lui proposons un projet. Etant donné les problématiques personnelles, une prise en charge psychologique lui est proposée : c’est dans ce cadre que je le rencontre.

Limites : Après quelques temps, nous nous rendons compte que la situation n’évolue pas. En réunion, monsieur mobilise souvent les intervenants. La question qui revient toujours est : faut-il cautionner son incapacité de travail au risque de la chronifier ou faut-il envisager une reprise rapide du travail. Dans le projet thérapeutique au centre de jour, la reprise du travail est un des objectifs à atteindre. Cette pression se ressent énormément au niveau du suivi psychologique : l’angoisse semble trop importante à ce stade. Nous sommes dans un statu quo où monsieur nous laisse décider à sa place en fonction des objectifs thérapeutiques respectifs. Après maintes discussions dans lesquelles monsieur a été inclus, il a été décidé que le centre de jour diminuerait ses exigences et que la consultation se poursuivrait. Quelques mois après monsieur se sentait mieux, avait stabilisé sa consommation d’alcool et repris le travail.

Isomorphisme : En analysant la situation à postériori, nous nous sommes rendus compte que nous avions reproduit le fonctionnement de la famille d’origine de monsieur : un père qui a toujours été ferme et directif et une mère qui tempérait. Nous étions coincé dans un fonctionnement d’où monsieur ne pouvait sortir. Lorsque nous nous sommes désinvestis de nos rôles et que nous lui avons rendu la possibilité de choisir, monsieur a pu reprendre une place et être libéré du jeu relationnel et de ses enjeux.

IV.5 Contexte indépendant.

Contexte de travail : Je travaille comme psychologue indépendante depuis avril 2005. Mon bureau se situe dans une habitation privée située à Petit-Rechain (Verviers). Je partage ce bureau avec ma mère qui est également psychologue depuis plus de 35 ans. Lorsque que je me suis installée, j’ai écris dans les écoles, dans des centres, aux médecins, aux logopèdes, ... afin de présenter ma situation et ma façon de travailler. Petit à petit, quelques médecins et autres m’ont envoyé des personnes et une collaboration est née avec eux.
Parallèlement, j’ai demandé à M. Debry, psychologue, de m’accompagner en supervision. Au début, je la voyais à raison d’une heure par semaine et depuis septembre, je la vois une heure tous les quinze jours.
J’ai également été me présenter dans différents centres verviétois (planning familial, centre de guidance, ...).
Au fur et à mesure du temps, je me constitue un carnet d’adresses avec différentes références et ressources professionnelles afin de me construire un réseau de travail.

Situation :
Limites :
Isomorphisme :

À venir

V. Le réseau, partenaire et ressource de la thérapie et ses limites :

Afin de parler du réseau, nous partons d’un article qui se fonde sur la pratique de l’unité ambulatoire de traitement des troubles interactifs précoces entre le jeune enfant et son environnement « la Lice », centre conventionnée INAMI situé à Bruxelles. Sa clinique se fonde sur l’hypothèse selon laquelle « les troubles graves du développement psychique induisent et son induits par des troubles interactifs précoces entre le bébé et son environnement ».

« L’étymologie du terme réseau renvoie au latin « retis » traduit par filet, c’est-à-dire un ouvrage formé d’un entrelacement de fils » . Dans le cadre de la Lice, deux types de réseaux sont définis : les réseaux primaires et les réseaux secondaires.

Les réseaux primaires sont constitués d’individus en interaction les uns avec les autres. Les liens affectifs unissant ces personnes se sont construits lors des premières relations au sein de la famille et leur qualité influence le processus de socialisation primaire de l’enfant.

Les réseaux secondaires sont constitués par les institutions psycho-médico-sociales. Les familles reproduisent généralement leurs problématiques vécues au sein des réseaux primaire sur le plan des réseaux secondaires. A une moindre échelle, l’équipe pluridisciplinaire est une forme de réseau secondaire.

Dans la pratique, un réseau se crée avec d’autres équipes, d’autres intervenants, tout en veillant à ce que les parents et l’enfant soient partenaires de l’élaboration du projet et que le réseau se constitue à partir de leurs besoins et savoirs et non pas de leurs limites. Ainsi, les intervenants parlent « avec » la famille au lieu de parler « d’ » elle, afin d’éviter « la création d’un réseau trop serré entre les professionnels qui aboutirait à un contrôle des personnes, incompatible avec le maintien de l’expression de la subjectivité » .

Bantman et Dufour-Zelmanovitch (1995) font la distinction entre des fonctions différentes au sein du réseau : la fonction soignante (qui aborde le psychisme du patient) et la fonction sociale (qui s’occupe de la quotidienneté matérielle de sa vie). Un des risques du travail en réseau est de le confondre avec une de ses fonctions, le support social. Les fonctions soignantes et sociales doivent être à la fois différenciées et articulées et « la réflexion doit porter sur cette articulation : articulation de la pensée, articulation des intervenants, articulations des lieux et des structures, articulation des administrations compétentes » . Cette différenciation des places au sein d’un réseau « articulé » va permettre aux membres de la famille d’expérimenter une nouvelle façon d’être en relation . Pour que les différentes positions puissent s’articuler, il est nécessaire que se dégage un langage commun. Cependant, complémentarité et langage commun ne signifient pas une « horizontalité » absolue où chacun aurait connaissance de tout et pourrait se substituer aux autres intervenants.

La première fonction que remplit le travail en réseau est celle de « l’accès aux familles » . Un autre intérêt de l’intervention en réseau est d’offrir à la famille une prise en charge souple et sécurisante qui respecte sa dynamique propre. Prise en charge qui évite aux intervenants de participer inconsciemment à un processus de répétition en étant entraînés malgré eux dans une pathologie du lien.

Le support social fourni par le réseau secondaire est en fait une fonction de suppléance du réseau primaire qui vient « pour un temps » remplacer sinon seconder le réseau primaire avec, pour objectif, de mobiliser les ressources de la famille et de son entourage et de petit à petit, étoffer ce réseau et mettre en place des relais.

Références :
(1) Benoît J-C. et al. (1988) : Dictionnaire clinique des thérapies familiales systémiques, ESF, Paris.
(2) Dessoy E. (2000) : « Isomorphisme et changement, commentaires à l’étude de cas du petit Jean. » L’Homme et son milieu. Etudes systémiques.
(3) Schröd H. (2004) : « Violence potentielle des professionnels en lien avec différents contextes », Revue Thérapie Familiale, Vol.XXV, N°3, pp. 323-338
(4) Beaujean J. : « Comment l’équipe peut-elle favoriser la rencontre thérapeutes-patients ?, http://www.systémique.org
(5) Beaujean J. (1999) : « Pouvons-nous apprivoiser notre insécurité ? Comment se pose la question du secret dans notre famille ? », Journal du Droit des Jeunes, N°189, novembre 1999.
(6) Lernout N. (2005) : « Comment utiliser le phénomène d’isomorphisme entre le système familial et le système des intervenants lors d’un placement en institution pour favoriser le changement sollicité ? », Thérapie familiale, Genève, 2005, Vol.26, N°2, pp.197-212.


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